Trèbes est une commune du département de l’Aude, au sud de la France, située dans la vallée de l’Aude, un couloir entre Corbières et Montagne noire, à 8 km à l’est du chef-lieu du département: Carcassonne. Son emplacement stratégique sur la route entre la mer Méditerranée et l'océan Atlantique, entre Aude et Orbiel, est connue depuis le Néolithique. La superficie de la commune est de 16,36 km², ce qui est une grande commune pour le département de l'Aude. Les communes voisines sont Berriac, Bouilhonnac, Villedubert et Rustiques. En 1914, la commune accueillait environ 2 000 trébéens et trébéennes. Aujourd'hui, ils sont près de 6000.

2 - Trèbes en 1914

 

 

 

 

A cette époque Trèbes dispose d'une économie rurale, la grande majorité de la population cultive la terre, et notamment la vigne. Les artisans: forgerons et maréchaux-ferrands, tonneliers,... les négociants,... gravitent autour de cette production.

 

Ce sont les Grecs qui implantèrent la vigne en Aude et les Romains qui en fixèrent les droits d’exploitation. Les premières vignes sont plantées dans le Minervois au 1er siècle.

 

 

 

 

 

 

Mais la vigne et le vin ne sont produits que pour un usage courant et d’autosuffisance pendant des années. Les céréales et les oliviers dominaient les plaines fertiles de l’Aude. C’est au début du XIXème siècle que le vin se développe dans l’Aude. Le vin devient un produit de consommation courante. Les rendements sont nécessaires et la vigne remplace les céréales dans les plaines. Une première période de prospérité est importante vers 1850 avant que le phylloxera fasse son apparition vers 1870. À la fin du XIXème siècle, l’Aude connaît une deuxième période faste mais la crise viticole se déclenche en 1901 à cause d’une production importante, de fraudes et de méventes. Elle atteint son paroxysme lors de la révolte des vignerons en 1907. Les viticulteurs créent alors un groupement de coopérants et s’organisent pour éviter les fraudes et la tromperie.

Au début de l'été 1914, les fenaisons sont rentrés, et la moisson et les vendanges s'annoncent excellentes,...

 

Mais les tensions internationales enflent.  Qu'en savent vraiment les trébéens ?...  Sans doute un peu plus que beaucoup d'autres, Jean Jaurès est un homme d'ici ? Quels relais, la presse locale ou régionale font-elles.  Au prosne de la grand'messe du dimanche 28 juillet... Qu'en dit le curé ?

 

Voici comment Louis Barthas, un petit cultivateur, qui venait de fêter ses 35 ans et qui habitait à quelques kilomètres de là (Peyriac-Minervois), décrit la journée du 2 août 1914 :

«Une après-midi brûlante d’août, les rues du village quasi-désertes, soudain un roulement de tambour: c’est sans doute un déballage d’un marchand forain sur la «place» ou bien des acrobates qui annoncent leur représentation pour le soir...

 

Mais non ce n’est pas cela, car le tambour s’étant tu, on entend la voix de l’appariteur, du «commissaire», comme on désigne cet unique représentant de l’autorité communale. Alors, on tend les oreilles, s’attendant à entendre la lecture d’un arrêté sur la rage  ou sur la propreté des rues.

 

Hélas ! Cet homme annonçait, après le déluge, le plus effroyable cataclysme qui lui jamais affligé notre humanité, il annonçait le plus grand de tous les fléaux, celui qui engendre tous les maux: il annonçait la mobilisation générale, prélude de la guerre, la guerre maudite, infâme, déshonorante pour notre siècle, flétrissante pour notre civilisation dont nous étions si orgueilleux.

 

Cette annonce, à ma grande stupeur, souleva plus d’enthousiasme que de désolation; des gens inconscients semblaient fiers de vivre un temps où quelque chose de grand, de formidable allait se passer; les moins emballés ne doutaient pas un instant d’une prompte et décisive victoire.  L’Autriche n’allait-elle pas se disloquer au premier choc qu’allait lui porter les Russes ? Et l’Allemagne n’allait-elle pas être broyée entre la France et la Russie comme une noisette entre les pinces d’un gigantesque étau ?

 

Et chacun de faire avec fièvre ses préparatifs de départ comme si vraiment on et craint d’arriver après que la victoire soit chose faite; pour un peu, certains seraient partis avant le jour fixé pour leur départ.

On vit des choses extraordinaires: des frères irréconciliables se réconcilièrent, des belles-mères avec leurs gendres ou belles-filles qui la veille encore se seraient giflées et arraché les cheveux échangèrent le baiser de paix, des voisins qui ne voisinaient plus reprirent les plus amicales relations. 

Il n’y eut plus d’adversaires politiques, injures,  insultes,  haines,  tout fut oublié. Le premier effet de la guerre était d’accomplir un miracle, celui de la paix de la concorde, de la réconciliation entre les gens qui s’exécraient. Cette fraternité devait-elle être durable ? L’avenir le dira. 

Le 4 août, troisième jour de la mobilisation, la moitié environ des hommes mobilisés du village, accompagné par la presque totalité de la population.

Tout le monde montra un vrai ou un faux courage et il n’y eut que deux femmes aux nerfs trop sensibles qui s’évanouirent en voyant partir leur fils ou leur époux.

.../...

Une cohue de soldats emplissait Narbonne habillés moitié en civil, moitié en militaire. On ne savait plus où caser tout ce monde accourant avec une exactitude qui déconcertait les autorités militaires elles-mêmes s’attendant à compter les réfractaires, les déserteurs par centaines. Mais docilement tous s’empressaient de venir enchaîner leur liberté, se courber sous le joug militariste.»                                       Le départ, vu par V. Prouvé >>>>>>>

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le coeur du village vers 1910

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