Achille CHALULEAU 1892/1915

Achille, Augustin, Antoine, fils François et de Marie Augustine BOUSQUET, est né le 12 mai 1892 à Trèbes, commune située à 6 km à l'est de Carcassonne, au sud de la France. Son emplacement stratégique sur la route entre la Méditerranée et l'océan Atlantique est connu depuis le néolithique. La ville se trouve dans un couloir entre montagne Noire au nord, Corbières au sud-est, et la vallée de l'Aude au sud. Sa superficie est de 16,36 km² ce qui en fait une grande commune pour le département de l'Aude. Ses voisines sont Berriac, Bouilhonnac et Villedubert. Elle est peuplée de 1100 habitants en 1793, 1850 en 1893 et près de 2000 trébéens et trébéennes en 1914. Traversée par le canal du midi, au cœur d’une région viticole, son port a été très actif.

 

Ses parents s’y sont mariés en 1885. Lui est cultivateur, petit propriétaire et elle couturière.


Deuxième d’une famille de 4 enfants, il passe son enfance au pied du clocher de l’église Saint-Etienne, rue de l’Anguille et après quelques années sur les bancs de l’école, il fait son apprentissage de tonnelier. C’est le métier qu’il déclare et qu’il exerce à Trèbes lors du conseil de révision qu’il passe à Capendu en septem-bre 1912. Son n° matricule au recrutement est le 338/Narbonne, et il a été déclaré apte.

Il accomplit son service militaire à partir du 7 octobre 1913 au 173ème R.I. stationné à Bastia et dans plusieurs villes de Corse. Il est probablement célibataire à la mobilisation en août.

Il décède (déclaré disparu) le 24 avril 1915 à Vaux devant Damloup (55537), au lieu-dit Bois Bouchot.

 

Basé en Corse, à Bastia, ce régiment est composé de 4 bataillons, il est rattaché à la 30ème D.I. d’août 1914 à janvier 1915, puis à la 126ème D.I. jusqu’à la fin de la guerre.

Le 1eraoût 1914, le 173ème R.I., recevait le télégramme ordonnant la mobilisation générale. L'ordre était transmis dans les différents détachements en Corse et le 14 août, le régiment s'embarquait en chemin de fer, à la gare de Marseille pour venir débarquer à Jarville, le 15 août. Le 18 août, il passe la frontière, près de La Garde et vient cantonner à Ommerey. Le 19 août, il continue son mouvement et entre dans Dieuze.

Le 20 août au matin, le 3ème bataillon est porté en réser-ve sur les hauteurs du moulin de Kaerprich, puis avec le 1erbataillon, il est engagé dans la “bataille de Dieuze”. 

Le 26 août, il est engagé à cheval sur la route Blainville – Mont s/Meurthe, et après un rude combat qui dure de 12 à 17 h, il enlève, à la baïonnette, le village de Mont s/Meurthe fortement tenu et organisé par les Allemands. Il rejette ceux-ci au-delà de la Mortagne et s'empare d'un pont de bateaux, de mitrailleuses…

Le 29 août, il enlève le village de Rehainvillers.

Le 5 septembre, le régiment quitte ce secteur et, amené à Ligny-en-Barrois (Meuse), il prend part à la bataille de la Marne. Pendant les journées des 9 et 10, le régiment livre 2 combats très violents pour s'emparer de Mogne-ville, et du bois de Faux-Miroir, position dominant la plaine de Saulx et le nœud des voies ferrées de Revigny s/Ornain (Meuse)

Poursuivant les Allemands, il atteint Brabant-le-Roi, d'où il rejoint la IIIème armée à Dombasle-en-Argonne.

Pendant la période qui va s'étendre du 25 novembre aux premiers jours de mai 1915, le 173ème créera les organisations défensives du bois de Ranzières (tran-chée de Calonne), et, par des actions de détail, portera les lignes au contact des organisations allemandes. Ce sera la lutte journalière à la grenade, grenades de fortune de 1914. Il subira des bombardements d'artillerie allemande, résistera à de nombreuses attaques, parfois très violentes, lancées par les Allemands. Ce sera pour le régiment la période d'instruction à la guerre de tranchée. Partout une boue intense (pas encore de caillebotis); souvent aussi, beaucoup d'eau. Les abris pour le personnel sont recouverts de paille, de terre et de rondins, qui mettent les occupants à peu près à l'abri des intem-péries mais pas des marmites. Peu d'engins de tranchée; ils n'apparaîtront qu'un peu plus tard. Pour la nuit, on n'est pas encore pourvu de projecteurs ni de ces fusées éclairantes qui rendront, plus tard, tant de services en rassurant les veilleurs et en évi-tant, aussi, leur énervement qui se traduisait, sou-vent, par des tirs inutiles et même par des pertes sensibles.

Du 23 au 26 avril 1915, le régiment tient tête, avec le 67ème R.I., à l'attaque de 3 divisions allemandes, attaque précédée de 3 jours de bombardement intense. Mais le 3ème bataillon contre-attaque avec énergie, bouscule les éléments allemands qui avaient réussi à pénétrer dans une partie de notre première ligne de tranchées et dans la deuxième ligne de notre voisin de gauche (le 67ème); il coupe ainsi à l'ennemi la route de Verdun. Achille CHALULEAU disparaitra dans les affrontements le 24 avril, et perdra la vie durant ces combats. Un ami, chaurien, lui aussi continental dans ce régiment corse, Louis ARIÈS, sera fait prisonnier le même jour.

Du 14 septembre au 23 novembre, le 173ème opère dans la région Monzéville, Esnes, Haucourt, Malan-court et Béthincourt. Le 29 octobre, il attaque la cote 281, ouest du bois de Forges. Pendant cette période, le régiment organise défensivement le ter-rain reconquis sur l'ennemi. Ces combats, menés con-tre des tranchées solidement établies, surplombant le ruisseau de Forges, sont très violents et très durs.

Bref, au point de vue matériel de tranchée, tout était encore primitif et insuffisant. Les réseaux de fils de fer sont sommaires et à peine renforcés par quelques chevaux de frise. Les intervalles entre les tranchées, bouchés par ces faibles défenses accessoires, sont battus par le tir des mitrailleuses. Pas de cuisines roulantes;  les cuistots font la popote à 5 ou ou 600 m des lignes et la fumée de leurs feux attire souvent les foudres de l'artillerie ennemie. Eux-mêmes, quand ils vont porter la soupe dans les tranchées, sont fréquemment repérés par cette même artillerie.En février 1915, à côté des 106ème, 132ème d'infanterie et 25ème B. C. P., le 173ème R.I. prend part à la fameuse attaque des Éparges qui malheureusement et avec de nombreuses victimes ne peut aboutir. Plus tard, appelé à l'occuper, il conservera cette position malgré de furieux bombardements et les violentes contre-attaques ennemies.

Les combats continuent et les 3, 4 et 5 mai 1915, malgré une préparation d'artillerie d'une extrême violence, le 173ème R.I. repousse l'aile gauche d'une division allemande qui, attaquant en direction de Mouilly, cherche à faire tomber la hauteur des Éparges.

 

Le 8 juin 1915, le régiment relevé, va tenir, pendant quelques jours seulement, un secteur entre Dompcevrinet le Malin-Bois, faisant face au village de Chauvoncourt et à Saint-Mihiel.


Achille Augustin Antoine CHALULEAU est tué à l’ennemi, noté disparu dans le JMO, le 24 avril 1915 dans les tranchées de Bois de Ranzières (Tranchée de Calonne), commune de St Rémy la Calonne, il aurait eu 23 ans quelques jours après.

 

Aucune sépulture n’est connue. Les autorités militaires ne semblent pas connaître son lieu de sépulture. A-t-il été abandonné sur le terrain, et enterré à la va-vite par les troupes allemandes, a-t-il été enseveli dans un bombardement, son corps n'-a-t-il pas pu être identifié ? Comme beaucoup, son corps n'a probablement pas pu être ramené, puis oublié dans le no man's land entre les deux camps. Plus tard, s'il a été retrouvé, il n'a pu être identifié et anonyme placé dans une fosse commune, un ossuaire, peut-être dans le cimetière de guerre dans les environs du champ de bataille.

 

Son décès est porté le 13 novembre 1920, dans le registre d’Etat-civil de la commune de Trèbes, suite à un jugement confirmant son décès par le tribunal de Carcassonne en date du 8 novembre 1920.

 

Son nom est gravé sur le Monument aux morts de Trèbes.