Joseph Germain Léon GUILHEM 1893/1914

Fils de Jean et de Marie BARBY, Il est né le 11 octobre 1893 à Palaja. C’est une commune située à 6 km au sud-est de Carcassonne, non loin de Trèbes. La commune s'étend sur 14,7 km² et compte 250 habitants en 1893. Ses parents, journaliers, cultivateurs, changent régulièrement d’employeurs (Cazilhac en 1890, Palaja en 1893, Montredon de Carcassonne en 1901). Ils s’installent avec leurs enfants à Trèbes vers 1904. Ils résident rue étroite. Joseph apprend le métier de coiffeur chez Louis Victor Bonnaud, installé rue des Fargues.

 

Lors de son conseil de révision en septembre 1913 à Capendu, il est toujours est domicilié à Trèbes et exerce le métier de coiffeur. Il apparemment célibataire. Son n° matricule au recrutement est le 393. Déclaré apte, il effectue son service militaire à partir du 20 novembre 1913 au 53ème R.I. (Perpignan).

Il décédera le 20 août 1914, à Rorbach (Moselle).

 

 

Effectuant son service militaire, à la mobilisation en août 14, le soldat Joseph GUILHEM est déjà au 53ème régiment d’infanterie (de la 32ème D.I. avec le 80ème R.I. de Narbonne, du 16ème CA). Le régiment quitte Perpignan dans la soirée du 7 août en 3 convois. Joseph appartient au 1er bataillon, 2ème compagnie. Il y a aussi, dans les mêmes trains, Alcide Joseph Jean CASTEL, né en 1892 à Badens, Pierre François GUILLAUD, né en 1893, à Trèbes, Joseph Marius FAGES, né en 1891 à Verzeille, Jean Marie MONS, né en 1893 à Pennautier, et Adolphe Paul FRANQUES, né en 1893, né à Trèbes et beaucoup d’autres trébéens natifs, ou résidants. Mais, pour ces 6 là, leur destin est scellé, ils seront tous morts avant la fin du mois de novembre 1914. Ils étaient encore, le vendredi 31 juillet, bien vivants, menant leurs activités routinières dans la cour de la caserne du 53ème à Perpignan.

 

Le 9 août, en milieu de journée, le régiment est débarqué à Mirecourt et à Hymont, dans les Vosges, au nord-ouest d’Epinal. Le 1er bataillon se rend à Villers et Vroville, à l’est de Mirecourt, le 2ème se rend à Poussay, au nord, tandis que le 3ème et l’Etat-major reste à Mirecourt. Ils y stationnent le 10. A cette date, d’autres unités du 16ème CA franchissent la frontière de 1871 et attaque en direction de Morhange.

 

Le 11, le 53ème suit et se rend à Mangonville (Meurthe et Moselle) et Ménil Mitry, à 25 km au nord, sous un soleil harassant, le dos brisé par le «barda», les pieds en feu dans les godillots. La matinée du 12 conduit le régiment, vers le nord-est, à Mont-sur-Meurthe, (sud-ouest de Lunéville) qu’il occupe à midi. Il y reste la fin de la journée et le 13, au repos. Le 14, le régiment traverse Lunéville et continue.

 

Le 15, le régiment continue vers l’est jusqu’à Igney, où il cantonne, ayant un avant-poste près de la gare d’Avricourt. Le 16 août, les allemands semblant reculer, l’ordre est donné d’attaquer Réchicourt-le-château au nord-est, puis, si Réchicourt est pris, continuer vers Hellocourt (au nord) et de Gondrexange (à l’est). Le 53ème R.I. est posté à Moussey. Le 17 et le 18, il avance vers Maizières-les-vic, Assénoncourt, puis marche en direction de Rorbach. Plus de 100 km depuis le 9. Le matin du 18, l’avant-garde du 16éme CA rencontre une forte résistance allemande dans les forêts de Mittersheim, Loudrefing et Cutting.  Le corps de cavalerie, qui progresse à sa droite, est aussi arrêté sur une ligne Dolving–Gosselming, au nord de Sarrebourg.

 

Le 15ème CA, à sa gauche, est stoppé sur la ligne Zommange-Marsal. Le 16ème CA se trouve donc en saillie et se replie vers Angviller. La 31ème division (81, 96, 122, et 142 R.I.) reçoit l'ordre de forcer le canal des Salines, à partir des bois de Colmery et du Mühlwald. Malgré une attaque violente, les Allemands, soigneusement retranchés sur des positions bien préparées et béné-ficiant d'un appui d'artillerie très efficace, tiennent. Le 142ème RI perd son commandant, 35 officiers et 1.200 hommes… La 31ème division, pratiquement anéantie, est relevée par la 32ème Division (15, 53, 80 et 143 RI).

 

Le 16ème CA reste entre Angviller et Bisping toute la journée du 19 août, attendant que le 15ème CA soit en mesure de l'appuyer. Le 53ème reçoit l’ordre, ce même jour, à 8h30, de se porter à Rorbach, puis à Cutting. Le régiment atteint le bois de Vulcain (N.E. de Rorbach), vers 11h et s’y installe en 3 lignes face à Cutting. Le régiment attend l’ordre d’attaquer.

 

Cet ordre est finalement remis au lendemain. Il faut se fortifier en attendant. Suite à nombreux renseignements fournis par des reconnaissances d'avions et les confidences d'habitants du pays, le Général de Castelnau sait que ses troupes se heurteront à une position ennemie organisée sur la ligne approximative «Frémery Marthil - Baronville – Morhange – Benestroff  voie ferrée jusqu’à Mittersheim», mais il semble que cette ligne soit seulement une position avancée sur laquelle les troupes de couverture allemande vont chercher, encore une fois, à retarder notre progression). A 17 h. il transmet l'ordre,  aux 15ème et 16ème CA d'attaquer conjointement, le 20 au matin, la ligne Cutting, Domnon, Bassing (un front de moins de 5 km pour 2 Corps d'Armée !) et de repousser les allemands au-delà de la ligne de chemin de fer Sarrebourg – Bénestroff – Metz. Les ordres donnés, organisent méthodiquement l'attaque de la ligne Marthil  Mittersheim. A droite, le 16ème (dont le 53ème R.I.) et le 15ème C.A. relieront étroitement leur action, en vue d'atteindre la voie ferrée Mittersheim – Bensdorf.Quelques fusillades ont lieu vers 22h sur des patrouilles ennemies en reconnaissance.

Le 53ème reçoit l’ordre, le 20 à 4h, d’attaquer le nord-est de Cutting. L’attaque commence à 6h15, puis le régiment doit aller soutenir le 143ème à Loudrefing. Le bataillon d’Arblade reste dans le bois de Vulcain. Les 53ème et 80ème régiments d'Infanterie sont cueillis à froid par une contre-attaque allemande et reçoivent le premier choc sous d'imposantes forces ennemies, bien appuyées par l'artillerie lourde. Nos batteries de campagne ont été assez vite réduites au silence. Sur ce front, l'ennemi progresse entre Rohrbach et Mittersheim. A Rorbach,  le  53ème  RI  est  décimé par des troupes allemandes infiltrées dans la nuit à travers les bois, de part et d'autre du village. L'artillerie allemande matraque les positions du 16e CA. A 8h30, le colonel, commandant le 53ème est mortellement touché.

 

Les 31ème et 32ème divisions défendent âprement leurs positions, menant des contre-attaques à la baïonnette pour tenter de contenir les fantassins bavarois. Mais le 16ème Corps est contraint de reculer.

 

Le 53ème doit se replier en direction du sud-ouest, vers Maizières; il abandonne donc toute la région des étangs, et s'efforce de retrouver la liaison avec le 15ème Corps. Ces 2 Corps d'Armée ont subi de grosses pertes, accrues par l'abandon des blessés sur le terrain de l'action. Le soir va tomber. Le général de Castelnau se résigne à ordonner la retraite. Le 16ème Corps se retire en direction générale de Lunéville, le 15ème Corps en direction de Dombasle. Nos soldats ont subi dans la région de Morhange un grave échec. L’envie de porter la guerre en territoire ennemi, le dogme de l'offensive à tout prix vient de coûter très cher.

 

Joseph GUILHEM en a payé le prix, dans le bois de Vulcain (dieu du feu, de la forge, des volcans) lieu prémonitoire sans doute, selon la fiche de Joseph. Mais beaucoup d’autres, avec eux, dont le colonel Arbanère, commandant le régiment, depuis juin 1913, né à Antibes en 1857, qui décède le même jour, subiront le même sort. Ce 20 août, ils auront fait la guerre 15 jours seulement, dont 14 de marche et de contre-marches. Ils sont tombés le 1er jour d’affrontement de ce régiment. Les pertes du 53ème sont pour cette seule journée de 54 tués, 370 blessés et 89 disparus.

 

 

 

Joseph GUILHEM est tué à l’ennemi  dans le Bois de Vulcain, commune de  Rorbach les Dieuze en Moselle (57595), le 20 août 1914, il n'a pas encore 21 ans. Mais beaucoup d’autres, avec lui, dont le trébéen Alicide CASTEL et leur chef, le colonel Arbanère, commandant le régiment, depuis juin 1913, né à Antibes en 1857, qui décède le même jour, subissent le même sort. Ce 20 août, ils auront fait la guerre 15 jours seulement, dont 14 de marche et de contre-marches. Ils sont tombés le 1er jour d’affrontement de ce régiment. Les pertes du 53ème sont pour cette seule journée de 54 tués, 370 blessés et 89 disparus  Son décès est confirmé le 27 octobre 1920, par un jugement du tribunal de Carcassonne. Sans doute avait-il disparu, lors des combats ?

Il est pourtant inhumé dans une tombe individuelle (corps retrouvé et identifié ultérieurement ?), la n° 51, dans la Nécropole nationale l’Espérance à Cutting (Moselle).

 

Son acte de décès est transcrit, suite à la confirmation de son décès, par un jugement du tribunal de Carcassonne en date du 27 octobre 1920, dans le registre d’Etat-civil de la commune de Trèbes, le 2 novembre 1920.

 

Son nom est gravé sur le Monument aux morts de Trèbes.