Pierre François GUIRAUD 1893/1914

C'est le fils de Jules et d’Amélie SABLAIROLLES, tous deux domiciliés à Trèbes, Jules étant d’origine trébéenne. Il est né le 14 mai 1893 à Trèbes où il exerce le métier de ferblantier, chaudronnier en 1913, à Trèbes où il réside, chez ses parents, rue de la Mairie.

 

La commune de Trèbes est située à proximité de Carcassonne, à 6 km à l'est de celle-ci. Son emplacement stratégique sur la route entre la Méditerranée et l'océan Atlantique est connu depuis le néolithique. La ville se trouve dans un couloir entre la Montagne Noire au nord et les Corbières au sud-est, la plaine du Lauragais à l'ouest et la vallée de l'Aude au sud. La superficie est de 16,36 km² ce qui en fait une grande commune comparée à celles de l'Aude. Elle est peuplée de 1100 habitants en 1793, 1850 en 1893 et près de 2000 trébéens et trébéennes en 1914. Traversée par le canal du midi, au cœur d’une région viticole, son port a été très actif.

 

Il est célibataire en 1914, lors de son incorporation. Il décèdera le 31 août 1914 à Haudonville (Meurthe et Moselle).

 

Lors du conseil de révision de sa classe, en 1913, à Capendu, il est jugé apte, son n° matricule au recrutement est le 394/Narbonne. Il effectue son service militaire à partir du 20 novembre 1913, au 53ème R.I. (Perpignan).

En août 1914, effectuant son service militaire dans le 53ème R.I., il est mobilisé avec son régiment qui fait partie de la 32ème D.I. (avec le 80ème R.I. de Narbonne), et donc du 16ème CA. Il quitte Perpignan dans la soirée du 7 août 1914 en 3 convois. Le régiment est commandé par le Colonel Arbanère. Il y a dans les mêmes trains: Alcide CASTEL, né en 1892 à Badens, Joseph Germain Léon GUILHEM, né en 1893 à Palaja, Joseph Marius FAGES, né en 1891 à Verzeille, Jean Marie MONS, né en 1893 à Pennautier, et Adolphe Paul FRANQUES, né en 1893, né à Trèbes et beaucoup d’autres trébéens natifs, ou résidants. Ces 6 là seront tous morts avant la fin du mois de novembre 1914. Ils étaient encore, le vendredi 31 juillet, tous bien vivants à leur activité dans la cour de la caserne.

 

Le 9 août, en milieu de journée, le régiment est débarqué dans les Vosges, au nord-ouest d’Epinal. Le 1er bataillon se rend à Villers et Vroville, à l’est de Mirecourt, le 2ème à Poussay, au nord, tandis que le 3ème reste à Mirecourt. Ils y stationnent le 10. Mais dès le 10 août 1914, d’autres unités, du 16ème Corps d'Armée, franchissent la frontière (de 1871) et attaque en direction de Morhange. Le 11, le 53ème suit et se rend à Mangonville et Ménil-Mitry, à 25 km au nord, sous un soleil harassant. La matinée du 12 conduit le régiment, vers le nord-est, à Mont-sur-Meurthe, (S.O. de Lunéville) qu’il occupe à midi. Il y reste la journée et le 13, au repos. Le 14, le régiment traverse Lunéville et continue vers l’est, il occupe la forêt de Le Rémabois entre Emberménil et Leintrey. Le 15, le régiment continue jusqu’à Igney, où il cantonne, avec un avant-poste à la gare d’Avricourt. Le 16 août, les allemands semblant reculer, l’ordre est donné d’attaquer Réchicourt-le-château au N-E, puis de continuer vers Hellocourt (nord) et de Gondrexange (l’est). Le 53ème R.I. est posté à Moussey. Le 17 et le 18, il avance vers Maizières-les-vic, puis marche en direction de Rorbach. Plus de 100 km depuis le 9. Le matin du 18, l’avant-garde du 16éme CA rencontre une forte résistance allemande dans les forêts de Mittersheim, Loudrefing et Cutting. Le corps de cavalerie est arrêté sur une ligne Dolving–Gosselming, au nord de Sarrebourg.

Le 15ème CA, est stoppé sur la ligne Zommange-Marsal. Le 16ème CA se trouve en saillie et se replie vers Angviller. La 31ème D.I. (81, 96, 122, et 142 R.I.) reçoit l'ordre de forcer le canal des Salines, à partir de Colmery et du Mühlwald. Malgré une attaque violente, les Allemands, retranchés sur des positions bien préparées résistent. La 31ème D.I., pratiquement anéantie, est relevée par la 32ème D.I. (15, 53, 80 et 143 RI).Le 16ème CA reste entre Angviller et Bisping le 19 août. Le 53ème, ce même jour, à 8h30, doit se porter à Rorbach, puis à Cutting. Il atteint le bois de Vulcain (N.E. de Rorbach), vers 11h et s’y installe en 3 lignes face à Cutting. Il faut se fortifier en attendant. Suite aux renseignements, le Général sait que ses troupes se heurteront à l’ennemi organisé sur une ligne Frémery-Marthil-Baronville–Morhange–Benestroff-voie ferrée jusqu’à Mittersheim, mais il semble que cette ligne ne soit qu’une position avancée pour retarder notre progression. Les 15ème et 16ème CA attaquent conjointement, le 20 au matin, la ligne Cutting-Domnon-Bassing (un front de moins de 5 km pour 2 C.A.) et doivent repousser les allemands au-delà de la ligne de chemin de fer Sarrebourg–Bénestroff–Metz. A droite, le 16ème (dont le 53ème R.I.) et le 15ème C.A. relieront étroitement leur action, en vue d'atteindre la voie ferrée Mittersheim–Bensdorf. L’attaque du 53ème commence à 6h15 vers le nord-est de Cutting, puis le régiment doit aller soutenir le 143ème à Loudrefing. Un bataillon reste dans le bois de Vulcain. Les 53ème et 80ème R.I. sont cueillis à froid par une contre-attaque allemande et reçoivent le choc d'imposantes forces, appuyées par l'artillerie lourde. Les batteries françaises ont été assez vite réduites au silence. Sur ce front, l'ennemi progresse entre Rorbach et Mittersheim. A Rorbach, le  53ème  RI  est  décimé par des troupes allemandes infiltrées à travers les bois. L'artillerie allemande matraque les positions du 16ème CA. A 8h30, le commandant du 53ème est mortellement touché. Les 31ème et 32ème divisions défendent leurs positions, menant des contre-attaques à la baïonnette. Mais le 16ème Corps est contraint de reculer. Le 53ème doit se replier au S.O, vers Maizières; il abandonne la région des étangs, et cherche à retrouver la liaison avec le 15ème Corps. Ces 2 C.A. ont subi de grosses pertes, accrues par l'abandon des blessés sur le terrain. Le soir tombant, le général ordonne la retraite. Le 16ème CA se retire en direction de Lunéville, le 15ème CA en direction de Dombasle. Ils ont subi dans la région de Morhange un grave échec. Les pertes du 53ème sont pour la journée de 54 tués, 370 blessés et 89 disparus.

Pierre François a échappé à la tuerie de Rorbach du 20. La nuit du 20 au 21, le régiment, encore sous le choc, se replie vers Maizières, puis Moussey et Emberménil. A 21 h, il arrive à Bénaménil, où il cantonne. Le 22, il continue sa retraite: Gerbéviller (sud de Lunéville), par Frambois, puis vers Brémoncourt (entre Einvaux et Bayon), où il cantonne le 23, puis se fortifie sur place. Il vient de parcourir 85 km. Les journées du 23 et du 24 sont consacrées à établir des fortifications. Ce jour, les allemands lancent une grande offensive visant à percer le front, au sud de Lunéville. Le 53ème est en plein cœur. Le 25, le régiment prend l’offensive pour la contrecarrer vers Einvaux–Moriviller-Bois Jontois. Une bataille s’engage à la baïonnette pour la conquête du Bois Jontois. L’ennemi se replie sur Franconville. Le 53ème se dirige vers Ralecourt. Puis le 26, marche vers Franconville et le bois de Broth. A 10 h, il occupe la lisière du bois. Il y reste le 26 et le 27. La tentative allemande a échouée, mais la guerre continue. Le 28 à 5h, marche en direction de Lunéville, par Xermaménil et Hériménil. Mais compte-tenu des fortes concentrations d’ennemis, le 53ème se replie, repasse la Montargne et cantonne à Franconville. Le 29, le régiment se déploie, au sud-est de Franconville. A 14 h il attaque à Frambois et dans le bois de Bareth. A 15h30 nouveau passage de la Mortagne. Le bois de Bareth est attaqué et pris. Le régiment reste là, à bivouaquer, dans l’attente de l’attaque sur Frambois.

 

Le 30 à 4h, l’attaque est lancée, dans un épais brouillard, les bataillons mitraillés sur leurs flancs, sont pilonnés par l’artillerie. La journée est difficile. A 19 h. ils se fortifient sur place. Le bilan est de 16 tués, 102 blessés et 16 disparus.Le 31 août, à 2h, le 53ème se replie et repasse la Mortagne. A 5h, il passe la rivière à Xermamenil. Arrivé à Franconville à 8h, le 53ème est chargé de tenir la lisière nord du bois de Broth (commune d’Haudonville - 54). Il subit un violent bombardement. Pierre Guiraud est tué dans ce bombardement qui fera 9 tués, 32 blessés et 10 disparus. L’après-midi est consacré à fortifier les positions et à tenter de se protéger des tirs d’artillerie. Pierre n’aura pas eu cette chance

Pierre François GUIRAUD est tué à l’ennemi au bois de Broth, commune de Haudonville (54) le 31 août 1914, il vient d'avoir 21 ans.

 

Aucune sépulture n’est connue. Les autorités militaires ne semblent pas connaître son lieu de sépulture. A-t-il disparu ? A-t-il été abandonné sur le terrain, et enterré à la va-vite par les troupes allemandes ? A-t-il été enseveli dans un bombardement, son corps n'-a-t-il pas pu être identifié ?

 

 

Son acte de décès est transcrit dans le registre d’état-civil de la commune de Trèbes le 31 juillet 1920 après qu’un jugement du tribunal de Carcassonne en date du 22 juillet 1920 ait confirmé sa mort.

 

Son nom est gravé sur le Monument de Trèbes.

acte de décès transcrit