Pierre SALVIGNOL 1893/1914

Fils de Jean et de Marie LAURE, il est né à Trèbes le 15 mars 1893. Ses parents, cultivateurs, journaliers viennent, juste après leur mariage, de s’installer dans cette commune. Il est du lauragais, elle est d’Arzens

 

La commune de Trèbes est située à proximité de Carcassonne, à 6 km à l'est de celle-ci. Son emplacement stratégique sur la route entre la Méditerranée et l'océan Atlantique est connu depuis le néolithique. La ville se trouve dans un couloir entre la Montagne Noire au nord et les Corbières au sud-est, la plaine du Lauragais à l'ouest et la vallée de l'Aude au sud. La superficie est de 16,36 km² ce qui en fait une grande commune comparée à celles de l'Aude. Elle est peuplée de 1100 habitants en 1793, 1850 en 1893 et  près de 2000 trébéens et trébéennes en 1914. Traversée par le canal du midi, au cœur d’une région viticole, son port a été très actif.

 

Au moment du Conseil de révision, en 1913, Il exerce, comme ses parents, le métier de cultivateur et réside avec eux, dans le quartier du faubourg. Probablement célibataire et sûrement turbulent, il est condamné à 8 jours de prison avec sursis le 18 février 1913, par le tribunal de Carcassonne pour «dégradation d’objets d’utilité publique»

 

A la suite de ce conseil de révision de sa classe, en septembre 1913, à Capendu, où son n° matricule au recrutement est le 421,il effectue son service militaire à partir du 20 novembre 1913 au 96ème R.I. (de Béziers)

 

Il décédera le 22 août 1914 près de Lunéville (Meurthe et Moselle).

A la mobilisation en août 1914, Pierre a 21 ans. Il reste au 96ème R.I. de Béziers (31ème D.I. avec le 81ème de Montpellier, du 16ème C.A.).

 

Le 96ème régiment, un peu avant le 53ème, débarque à Mirecourt le 8, dans l’après-midi. Pour lui, aussi, commence une série de marches pénibles, par une chaleur accablante. Le 9, il est à Bayon, le 10 à Lunéville et s’établit, le soir du 10, sur une position Bonviller-Champel, face à la forêt de Parroy. La marche en avant continue, le 16, la frontière (de la Lorraine occupée) est franchie près de Vaucourt, puis marche sur Bisping–Belles-Forêts. Le 18, il se trouve, face aux allemands retranchés à Rorbach. Il se lance à l’assaut et, après un vif combat, repousse les allemands sur Loundfring. L’artillerie allemande riposte. Dans ces échanges une centaine d’hommes, dont plusieurs officiers, sont tombés. Le 19, c’est l’attaque massive allemande. Le 96ème, non concerné directement, reçoit l’ordre de se replier sur Lunéville. Le régiment arrive, le soir du 21, dans la ville, après une retraite pénible de 50 km, sans ravitaillement. Le 22, au matin, le régiment se porte au-devant de l’ennemi vers Bonviller. Le village est pris à la baïonnette, puis reperdu. A 16h, presque tous les officiers sont tombés. A 17h, il ne reste que 4 officiers et 600 h. valides qui gagnent Bayon, à une quinzaine de km au sud-ouest de Lunéville. Les allemands, fixés, ne rentreront à Lunéville que plusieurs jours plus tard.

 

Ce 22 août est souvent qualifié de «journée la plus sanglante de toute la guerre», pour l’armée française. On avance le chiffre de 27 000 morts pour cette seule journée.

 

 

 

Extrait du Journal de marche et des opérations  >>>>

(J.M.O.) du 96ème RI

Pierre SALVIGNOL fera partie des sacrifiés de ces combats du 22 août 1914, probablement à Bonviller. C’est le 3ème trébéen, tué à l’ennemi, «mort pour la France». Il avait 21 ans. Pour lui aussi, la guerre aura duré moins de 20 jours. Il repose à la Nécropole nationale Friscati sur la commune de Vitrimont (Meurthe et Moselle). Sa tombe individuelle porte le n°1688, aux cotès de Moïse JOURNET et de Paul BOUSQUET.

 

Son acte de décès, qui est transcrit dans le registre d’état-civil de la commune de Trèbes, le 5 mai 1920, après qu’un jugement du 28 avril 1920, du tribunal de Carcassonne aura confirmé sa mort. Peut-être a-t-il été porté disparu lors du combat et son corps retrouvé et identifié ultérieurement.

 

 

Son nom est gravé sur le Monument aux morts de Trèbes.