Camille ALBA 1891/1914

 

Fils de Jean Antoine et d’Antoinette Appolonie LAGARDE, il est né le 4 avril 1891 à Pezens (Aude), village situé à 7 km au nord-ouest de Carcassonne, dans la plaine du Lauragais sur Le Fresquel, entre la garrigue et le Canal du Midi, c’est un village de 1 300 habitants sur une superficie de 11 km² avec une densité de 114 hab./km² et une moyenne d'altitude de 110 m. Les communes voisines sont Ventenac-Cabardès, Caux-et-Sauzens et Pennautier. Il y réside encore en 1910, à la veille de son conseil de révision, où il exerce le métier de jardinier.

A la suite ce conseil de révision, réalisé à Alzonne en septembre 1911 (n° matricule au recrutement : 244/ Carcassonne), au cours duquel il a été déclaré apte, il effectue son service militaire au 42ème R.I. dit «As de Carreau» basé à Belfort. Pourquoi si loin de sa région ?

Il se marie à Trèbes, le 23 décembre 1913, avec Marie Jeanne Pascale CARAYOL, née le 22 avril 1889 dans cette commune. Rapidement, Marie Jeanne est enceinte, un enfant (Reine Marguerite Marie), naîtra en décembre 1914. Devenue institutrice, puis directrice de la MGEN, elle se mariera avec Paul PONS, à Trèbes en 1934.

A la mobilisation en août 1914, Camille ALBA a 23 ans. Il reste affecté dans son régiment, le  Sa caserne est à Belfort (caserne Bougenel). Il appartient à la 28ème Brigade, intégrée dans la 14ème D.I. (7ème Corps d'Armée). Il est constitué de 3 bataillons. En mai 1917, il passe à la 41ème DI.

 

 

 

< sergent en grande tenue (en 1914)

 

A la mobilisation en août 1914, Camille ALBA a 23 ans. Il a été promu sergent et reste affecté dans le régiment où il effectuait son service militaire, le 42ème R.I. dit «As de Carreau». Sa caserne est à Belfort (caserne Bougenel). Il appartient à la 28ème Brigade, intégrée dans la 14ème D.I. (7ème Corps d'Armée). Il est constitué de 3 bataillons.

Le 31 juillet 1914, avant même la mobilisation, le 42ème RI, sous les ordres du Colonel BONFAIT, quitte Belfort pour concourir à la couverture de la place. Dès le 4 août, il entre en contact avec l'ennemi; une patrouille de cavalerie allemande est mise en fuite par une fraction de la 3ème compagnie.

Le 6, le mouvement en avant commence, la frontière est franchie, le 7 et le 8, le Régiment fait son entrée dans Mulhouse. Le lendemain, il pousse jusqu'à l'Ile Napoléon et à Rixheim. Le 9, à la nuit, une violente contre-attaque ennemie, partie de la forêt de la Hart, soutenue par une puissante artillerie, oblige les troupes françaises à abandonner le terrain qu'elles avaient brillamment conquis.

Après quelques jours de repos, le 42ème reprend l'offensive. Le 19, il réussit, malgré une très vive résistance de l'ennemi, et les pertes sérieuses qui lui sont infligées, à occuper le village de Dornach, s'emparant d'une batterie de 6 pièces de 77, et capturant 200 prisonniers. Il entre pour la 2ème fois à Mulhouse.

 

Le 25 août, le Régiment s’embarque à Belfort pour être transporté, avec d'autres éléments du 7ème Corps, dans les environs d'Amiens. Dès lors, il coopère avec la VIème Armée, à la manoeuvre ayant pour but de retarder la marche des armées allemandes qui avaient envahi la France par la frontière belge et de l'arrêter sur des positions choisies à l'avance par le Généralissime. Il se bat notamment le 29 août à Proyart.

 

L'ennemi est momentanément arrêté. Le régiment recule toujours, sur une ligne entre la route Paris-Senlis et la Marne, sur un front Lassy-Survilliers afin de s’opposer à l’arrivée d’une colonne ennemie. Le 5, le 42ème RI cantonne à St Witz. Le Régiment prend alors part à l'offensive qu'ont rendue possible les victoires de l'Ourcq et de la Marne.

Le 6, le régiment avance vers l’est par Montalby, Ver, Le Plessis-Belleville, en poursuivant l’ennemi jusqu’à Bouillancy. Le 6 à 14h, le régiment reçoit l’ordre d’attaquer. Cela donne lieu à des échanges très violents. La nuit du 6 le régiment bivouaque à Haut Bouillancy.

 

Le matin du 7 septembre, il reçoit l’ordre de prendre la crête est de Bas Bouillancy (au sud de Crépy en valois) où il se maintient toute la journée sous de violents feux d’artillerie qui lui infligent de lourdes pertes. A 18h une violente contre-attaque allemande poursuit le travail de l’artillerie (227 hommes et 5 officiers tués dont le sergent Camille ALBA) et durant laquelle le Colonel est blessé.

Heureusement un tir de barrage stoppe cette contre-attaque et laisse le temps au régiment de se reprendre. Il bivouaque la nuit à Bouillancy le haut. L’attaque reprend le 8 soutenu pour d’autres unités Après être resté deux jours sur place, sous les bombardements, le repli allemand se faisant jour, le régiment reprend sa poursuite. Le 12, il prend d'assaut le pont et le village de Vic-sur-Aisne et poursuit l'ennemi jusqu'à Saint-Cristophe et Sacy; le 14, il occupe Autrèches; le 20, il chasse les Allemands de Vingré, où il fait près de 200 prisonniers et délivre des éléments du 298ème qui y étaient cernés.

 

                                    Un petit cimetière improvisé où repose 4  soldats du 42ème RI en septembre 1914  ^

       

Le 24 septembre, le régiment attaque et prend Lesseux. Le village fut le siège de combats importants durant toute la Guerre (côte 607). Les troupes se sont stabilisées sur les hauteurs du village (les Allemands au nord-est (côte 607) et les Français (Le Chapis) au sud-ouest).

Camille ALBA a 23 ans lorsqu'il est tué à l’ennemi, le 7 septembre 1914, dans l’attaque du village de Bouillancy, au sud de Crépy-en-valois. Pour lui, la guerre aura duré 40 jours, avec le sacrifice de sa vie au bout.

 

Aucune sépulture n’est connue. Les autorités militaires ne semblent pas connaître son lieu de sépulture. A-t-il été abadonné sur le terrain, et enterré à la va-vite par les troupes allemandes, a-t-il été enseveli dans un bombardement ?

 

L'acte de décès est trancris le 28 mars 1915 dans les registres de l’Etat-Civil de Pezens (11023). Son nom est gravé sur les monuments aux morts de Trèbes et de Pezens.