Jean-Marie CHALULEAU 1882/1914

 

Fils d’Antoine Paul et de Marie ANTOINE, Jean-Marie est né le 1er août 1882 à Trèbes. Il grandi à Trèbes, boulevard des cafès,

 

Trèbes est une commune située dans l'aire urbaine de Carcassonne, à 6 km à l'est de cette dernière, au sud de la France. Placée dans un couloir entre la Montagne Noire au nord et les Corbières au sud-est, la plaine du Lauragais à l'ouest et la vallée de l'Aude au sud, dans un emplacement stratégique sur la route entre Méditerranée et Océan Atlantique, ce site est connu depuis le néolithique. Sa superficie est de 16,36 km², ce qui en fait une grande commune comparée à celles de l'Aude. Ses voisines sont Berriac, Bouilhonnac et Villedubert. Elle compte 2 000 hab. en 14 (Près de 6000 aujourd’hui).

 

Il apprend le métier de bourrelier auprès de son père. Puis s'étant marié avec Jeanne Marie Claire METGE à Villeneuve minervois, le 21 avril 1908, il s'établit dans cette commune et poursuit cette activité.

 

Mobilisé en août 1914, il décède des suites de ses blessures le 8 septembre 1914 à Coutances (50).

Au cours du Conseil de révision qu’il effectue à Capendu (classe: 1902 - n° matricule au recrutement: 281 / Narbonne), il a été déclaré apte. Il accomplit son service militaire à partir du 15 novembre 1904 au 19 mars 1905 au 100ème RI (Narbonne) puis au 15ème RI (Albi) du 20 mars 1905 au 18 septembre 1906.

 

A la mobilisation, en août 1914, il a 32 ans. Compte tenu, de cet âge, il est dirigé sur la réserve du 4ème Régiment d’infanterie coloniale, mais il est affecté au 4ème régiment d'infanterie coloniale (RIC) d’active, 21ème Cie, basé à Toulon. Du 2 au 7 août, il se constitue, et commencent les préparatifs de guerre. Du 7 août au 9, les hommes du 4ème RIC sont transportés par voie ferrée. Du 9 au 11 août le régiment arrive dans la région de Revigny près de Bar le Duc. Le 12, il doit continuer à pied sur 16 km, en pleine canicule «avec tout le barda», pour aller à Géricourt-s/Comté. Le coeur n'y est pas et beaucoup se couchent le long de la route, et les gradés doivent les menacer pour les faire avancer.

 

Quelques marsouins du 4ème RIC   >>>

Le 13 août, les hommes doivent encore marcher 20 km pour gagner Boulainville. L’unité se rend à l’est du massif de l’Argonne pour intégrer la IVème Armée. Le 22 août, il quitte Baalon pour se porter avec la 2ème DIC sur Neufchâteau en Belgique. Le 24 août vers 1h du matin, l’ordre est donné de se replier sur Villers. Jusqu’à 4h, les hommes du 4ème RIC vont marcher de nuit dans la forêt pour établir un avant-poste à Margny. A 11h, il se porte sur le sud pour occuper le bois de Richemont. Le 25 août, il prend une position défensive entre les villages de Jamoigne et de Valensart et contient l’ennemi. Le soir, il se replie sur les lisières de la forêt d’Orval (frontière Franco-Belge).

 

Le 26, malgré ses positions qui tiennent tête à l’ennemi sur les hauteurs de Saint Walfroy et de Lamouilly, le régiment doit se replier vers Issor pour finalement atteindre le bois de Jaulmay. La nuit est mise à profit pour organiser la défense de ce bois. Les bataillons sont chargés de couvrir les abords de Lusy et de Martincourt, tandis que le bataillon VACHER reste en réserve, sous le bois près du croisement des chemins Pouilly-Cesse et Lusy Beaumont. Pendant la nuit des détachements Allemands sont parvenus à se glisser par les ponts partiellement détruits d’Inor et de Martincourt et à établir des passerelles sur la Meuse.  Le 27 août 1914, vers 7 h, les Allemands sous la protection du feu nourri de leur artillerie qui se trouve à la corne du Bois, franchissent donc la rivière la Meuse, et attaque les avant-postes du 3ème bataillon.

L’ennemi se retire vers la Meuse. Le 4ème RIC reçoit l’ordre de regagner le défilé de la Croix aux Bois.Vers 9 h, les 4 régiments de la division sont complètement engagés dans un violent combat sur la lisière de la forêt et du sous-bois. Les 3 bataillons du 4ème RIC, côte à côte, luttent sans recevoir l’appui d’une seule batterie d’artillerie, le champ de bataille, couvert par la forêt, et le mauvais temps n’offrant pas une visibilité suffisante. L’ordre est donné aux bataillons de contre-attaquer à la baïonnette pour faire taire les mitrailleuses allemandes. Dans cet assaut, le 3ème bataillon va subir de très grosses pertes: 4 officiers tués, 4 officiers blessés, et 420 hommes de troupes tués, blessés ou disparus. Au total dans cette bataille, la 2ème DIC perdra 1475 hommes (tués, blessés ou disparus) et 22 officiers. Les débris des 3 bataillons du 4ème RIC sont recueillis le long de la route de Stenay à Beaumont et vont se reformer à la ferme de Belle Tour (S.O. de Beaumont). 

Le 28 août, le bataillon retourne sur le champ de bataille pour récupérer ses blessés. A 17h, le bataillon reçoit l’ordre de se porter à l’ouest de Beaumont pour coopérer l’attaque de la ligne Youc-ferme de Belle épine... Il atteint, à 22h, la ferme de Thibau, à 2 km à l’ouest de Beaumont, où il décide de bivouaquer dans une prairie. La nuit sera courte car le 29 août, à l’aube, le bataillon se met en mouvement pour une longue et très pénible marche de 13 h qui doit les conduire dans le défilé de la Croix aux Bois (Argonne). Le 30 août le bataillon se lève encore aux aurores et quitte le défilé. Il se met en marche vers l’est à la rencontre de l’ennemi. Le 4ème RIC traverse la forêt de Boult pour finalement bivouaquer à la sortie Nord de la forêt.

 

Le 31 août, à Brieulles s/Bar, où le régiment a bivouaqué la veille, les combats reprennent à l’est duvillage et sur la lisière du bois de Verrières.

Selon sa fiche matricule, Jean Marie a été blessé le 29 août dans le secteur de Virginy.

 

Les 1er et 2 septembre, il se met en mouvement sur Rouvray, par Thermes et Auvry. Le régiment reçoit un renfort de 600 hommes et continue son repli vers le sud par Saint-Remy s/Bussy. Le 3 septembre, les Allemands, qui s’approchent par surprise du village où bivouaque le 4ème RIC, provoquent une véritable panique. Le calme est rétabli vers 16h. Le 4 septembre le 4ème RIC atteint Vannault-le-Chatel vers 8h. Il s’organise au nord du village, mais n’a aucun contact avec l’ennemi.

 

 

 

 

 

 

Bataille de la Marne

 

Le 5 septembre, le 4ème RIC arrive à Vitry-en-Perthuis après avoir traversé Vannault-le-Chatel où l’arrière-garde reçoit quelques coups de canon. Le régiment franchit la Saulx et occupe une position, aux environs de Mont de Fourche. A 16h, le régiment, qui se retrouve face à l’ennemi, essuie une vive attaque de l’artillerie allemande. Il doit battre en retraite par le pont de Vaux et Vitry-le-François sur Saint-Remy en Bouzemont. Le bataillon chargé de couvrir le repli, reste isolé sur la rive Nord de la Saulx. Il doit, sa mission terminée, pour échapper à l’ennemi qui tient les ponts de Vitry-le-François et de Vitry-en-Pertuis, traverser la rivière à gué. Les hommes ont de l’eau jusqu’à la ceinture. Il regagne le régiment vers minuit à Saint Rémy par Vitry-le-François après avoir essuyé quelques coups de feu des avant-gardes allemandes qui occupaient déjà les débouchés de cette ville. Le JMO indique « que les pertes sont insignifiantes: 1 caporal tué et 2 hommes blessés.

 

Le 6, le régiment participe à l’offensive générale. Le régiment a pour objectif de passer la Marne puis le canal qui va de Vitry le François à St Dizier. Le 4ème RIC occupe Courdemanges (Ferme de Mont Moret) et Bignicourt. Le 7, il est aux avant-postes sur le Château-Goncourt. Mais le canal est encore tenu par des tranchées allemandes. Le 8 et le 9 le front reste inchangé.

 

Jean Marie CHALULEAU décède de ses blessures le 8 septembre 1914, à l’hôpital auxiliaire n°6 de Coutances (Manche) - Couvent, 4 rue Quesnel Cauvaux - 100 lits - SSBM – qui fonctionne à partir du 31 août 1914, où il a été évacué. Il avait 32 ans. 

 

Aucune sépulture n’est connue. (Carré militaire du cimetière de Coutances ?)

 

« La ville a compté jusqu'à 1 600 lits d'hospitalisation pour une population de 6 500 habitants. » Parmi les blessés, des Français, des Belges, des Sénégalais... Mais aussi des prisonniers allemands. « 117 soldats français blessés sont décédés à Coutances, dont 76 sont inhumés au cimetière, ainsi que 21 Belges. » V. Goulle

 

Son décès, qui est porté dans le registre d’Etat-civil de la commune de Villeneuve-Minervois à la date du 25 septembre 1914. 

 

Son nom est gravé sur les Monuments aux morts de Trèbes et de Villeneuve Minervois.