Amédée Jules MILHAU 1880/1914

Fils de Joseph et de Baptistine VIDAL, Amédée est né le 30 mars 1880 à Trèbes, où son père exerce le métier de cultivateur. Trèbes est située à 6 km à l'est de celle-ci. Le village se trouve dans un couloir entre la montagne Noire au nord et les Corbières à l'est, la plaine du Lauragais à l'ouest et la vallée de l'Aude au sud, entre Aude et canal du midi. La superficie de la commune est de 16,36 km² ce qui est une grande commune pour l'Aude. Ses voisines sont Berriac, Bouilhonnac et Villedubert. Elle comptait 2000 hab. en 1914.

Amédée Jules passe son enfance au pied de l'église Saint Etienne, puis durant son adolescence, il devient comme son père cultivateur, mais il se spécialise, car en 1900 à l'occasion de son conseil de révision, il se dit viticulteur.

A cette date (septembre 1900), lui et ses parents sont domiciliés à Villemoustaussou. 

Lors du conseil de révision de sa classe, en 1900, qu'il passe au chef lieu de canton: Capendu, il est déclaré apte et son n° matricule au recrutement est le 04/Narbonne.  Il effectue son service militaire à partir du 22 novembre 1901, jusqu’au 5 janvier 1903 au 2ème régiment de Zouaves (Oran), puis du 6 janvier 1903 au 24 octobre 1904 au 18ème escadron du train des équipages (toujours à Oran). Il participe à la campagne d’Algérie durant toute sa période de service.

Ayant découvert ce pays, il y reste car il y est domicilié: à Médéa en 1906 et à Oran en 1911. S'est-il marié en Algérie ? 

Mobilisé en août 1914, il décède le 24 octobre 1914 à Couin (Pas de Calais).    

A la mobilisation, il est affecté, à partir du 12 août, au 80ème régiment d’infanterie (Narbonne) jusqu’au 13 octobre 1914.

En 1914, ce régiment est stationné à Narbonne, il fait partie de la 63ème Brigade d’Infanterie et de la 32ème Division d’Infanterie (16ème Corps d'Armée). Il est constitué de 3 bataillons.

 

Le 07 août, la 32ème division, dont le 80ème RI, est transportée par V.F. dans la région de Mattaincourt (Vosges lorraines). A partir du 11, elle fait mouvement vers Rebainviller, puis le 14, elle passe à l’offensive par Veho et Avricourt, en direction d’Angwiller les Bisping (Moselle).

Le 20 août, la 32ème division, dont le 80ème, est engagée dans la bataille de Morhange, vers Angwiller; le 80ème combat plus particulièrement à Muhlwald (Bois de Vulcain). A partir du 21 août, il se replie, par Moussey, Igney et Marainviller, vers la région de Brémoncourt. Compte tenu de sa date d'incorporation Amédée Jules a rejoint le 80ème RI vers le 25 août.

 

Le 25 août, la 63ème brigade, dont le 80ème, est engagée dans la bataille du Grand Couronné. Elle contre-attaque sur un front Moriviller-lisière sud du Grand-bois en direction de la Mortagne. Le 80ème enlève le bois de Jantois à la baïonette et le soir cantonne à Moriviller: La 32ème division combat également vers Einvaux et Roselieures; le 27, elle franchit la Mortagne et participe au combat du bois de Bareth (Xermamenil, Fraimbois). Le 13 septembre, la 32ème DI reprend l’offensive et progresse jusque dans la région d’Einville. Le 17 elle est retirée du front et mise au repos vers Essey-lès-Nancy. Le 21 septembre, elle fait mouvement vers Avrainville. Le 23 septembre, la division est engagée dans la bataille de Flirey. Elle participe à de nombreux combats acharnés et répétés au bois de la Voisogne, à Flirey et vers le bois de Mort-Marre. Puis stabilise le front vers Flirey et Seicheprey.

 

Le 06 octobre 1914, la brigade est retirée du front et transportée par V.F. dans la région de Neuilly-Saint-Front. Le 10 octobre, elle fait mouvement vers celle de Berzy-le-Sec puis mise au repos. 

 

Pour une raison, de nous, par l'instant, inconnue, peut-être a-t-il été blessé ou par manque d'effectifs, Amédée est transféré au 153ème RI. Le 153ème est l'un des 2 régiments de 77ème brigade (39ème division) stationnée à Toul. Il était, en 1914, l'un des régiments d'élite du 20ème corps. Débarqué le 22 septembre à Grandvillers, dans la Somme, le régiment se déploie entre Bouchoir et le Quesnoy-en-Santerre. Le 153ème, déjà presque complètement renouvelé, compte tenu de ses pertes dès le début du conflit est engagé tout de suite. Le 25 septembre, se déployant dans un ordre parfait, "mieux qu'à l'exercice", disent les relations officielles. Il s'empare dans l’élan du village de la Chavatte. L’affaire est sanglante, car 300 hommes et 12 officiers tombent, dont le chef de corps, grièvement blessé; mais, devant le 153ème, l’ennemi recule, laissant entre leurs mains de nombreux prisonniers et 4 canons. Le régiment organise la défense du village et il s’y maintient, malgré les violentes réactions de l'ennemi, les 26 et 27 septembre.

 

 

Le 27 septembre, le régiment se bat devant Liancourt, puis enlève Fontaine-lès-Cappy, le 3 octobre. 

Le 5 au soir, il est transporté à Coigneux (80) Le 6, 7, et 8, il est engagé dans la reprise du village de Gommécourt (62), il reste maître de Foncquevillers, après des combats de rue acharnés. De ce fait, il enraye de nouveau l'avance allemande dans ce secteur de Foncquevillers - Hébuterne. Lors de ces combats, lors de l'attaque de la ferme Toutvent (au sud-est d'Hébuterne, entre Hébuterne et Serres), le 23 octobre 1914, Amédée MILHAU est blessé, il est transporté à l’ambulance de la division Couin (62) où il décède le lendemain 24 octobre.

Amédée Jules MILHAU décède à l'ambulance divisionnaire installée à Couin (Pas de Calais), le 24 octobre 1914, il a 34 ans. Il est dit tué à l’ennemi, mais de fait blessé (gravement) le 23 et mort le lendemain. Pas de Milhau dans la liste des tués dans le Journal des marches et des opérations, mais un «Millot» dans les blessés

 

Il sera inhumé dans une tombe individuelle, la n°526, dans la nécropole nationale de «Serre Hébuterne», commune de Beaumont Hamel (Somme)

 

Son décès, qui est porté dans le registre d’état-civil de la commune de Tiaret (Oran-Algérie) à la date du 10 mai 1915.

 

Son nom est gravé sur le Monument aux morts de Trèbes.

 

 

 

Nécropole nationale de Serre-Hébuterne  (Commune de Beaumont Hamel - Somme) >>>