Louis François, dit Gérard, HUILLET 1890/1918

Fils de François Alexandre et de Françoise SAL(L)ES, mariés en 1887 à Maury (Pyrénées orientales), Louis François, dit Gérard, HUILLET est né le 1 juin 1890 à Tuchan (Aude). Il est le cadet d'une fratrie de deux enfants (son frère Justin décèdera aussi à la guerre). Il passe sa prime enfance à Tuchan, puis à ??? avant que ses parents ne s'installent à Trèbes.

 

Tuchan est un bourg (de 1800 h. en 1881) des Corbières (Aude orientale) situé au pied du Mont Tauch, sur le Petit Verdouble, près de son confluent avec le Tarrasac. Il situé à 18 km de Durban-Corbières, à 40 km de Perpignan. Le centre du village, de forme circulaire, matérialise les vestiges du «Fort» datant du XIème s.. Il a conservé son caractère défensif et médiéval. Une zone de jardins, au Nord-Ouest du village, indique que les fonctions agricoles étaient complémentaires à ses fonctions de défenses. Cet enclos possédait une enceinte percée par 2 portes et défendu par 2 tours ceinturée d'un fossé. La tour de l'Horloge, accolée à l'église, faisait office de prison, elle subsiste encore.

 

La famille s'installe à Trèbes probablement à partir de 1905.  Louis exerce le métier de cultivateur en 1906 et de plâtrier en 1910/1911.

 

Lors du conseil de révision de sa classe, en 1910, à Capendu, son n° matricule au recrutement est le 30/Narbonne. Déclaré apte, il effectue son service militaire à partir du 14 octobre 1911 à la 19ème section d’infirmiers (en Algérie), puis au Maroc à partir du 24 août 1912, passé à la 21ème section du 13 mars 1913 au 16 octobre 1913. Durant tout son service, il participe aux campagnes d’Algérie et du Maroc.

 

Dés son retour, Louis François se marie à Trèbes le 6 décembre 1913, avec Antoinette Céline VIÉ, une trébéenne née en 1883. Deux enfants naîtront de ce mariage : Justine en 1914 et Barthélémy en 1916.

 

Il décède le 2 juin 1918 à Moulin/Touvent (60438)    


A la mobilisation en août 1914, il rejoint la 16ème section d’infirmiers militaires, jusqu’au 1er février 1917. La 16ème section est sensée accompagner le 16ème C.A. (31ème et 32ème D.I.). Il participe aux différents postes de secours qui accompagne ces troupes. D’abord en Lorraine et dans la Woevre jusqu’au 12 octobre, puis dans la bataille de défense du secteur d' Ypres à partir du 26 octobre jusqu’au 2 février 1915.

 

Se succède ensuite la Champagne à partir du 5 mars (Beauséjour, Mesnil les hurlus, Massiges…) jusqu’au 1er septembre, puis  à partir du 26 septembre, la 2ème Bataille de Champagne (Tahure, butte de Souain, Somme-Py, …) jusqu’au 26 décembre.

 

A partir du 20 février 1916, le 16ème C.A. occupe un secteur vers Condé-sur-Aisne et l’ouest de Moussy-s/Aisne jusqu’au 8 juillet, puis il est engagé, à partir du 5 août, dans la région de Verdun (bois d’Haudromont, ouvrage de Thiaumont) jusqu’au 14 août. A compter du 4 septembre, il occupe un secteur entre la rivière Aire et la Haute Chevauchée (guerre de mines), puis occupation d’un secteur dans la région de l’Aire, Avocourt jusqu’au 31 janvier 1917.

 


 

Le 2 février 17, Louis François est affecté au 87ème RI où il ne passe que 2 mois, le temps de la formation.

 

Et à compter du 20 avril 1917, Louis François est affecté au 289ème R.I. (55ème Division d'Infanterie de réserve (D.I.R.) avec le 246ème RI) qu’il rejoint à Condé-en-Barrois. A compter du 22 avril le régiment occupe un secteur entre l'étang de Wargévaux, et la Meuse, via Apremont, jusqu’au 22 mai. Là, il découvre concrètement le rythme des premières lignes. Puis, le 289ème est retiré du front et mis au repos et à l’instruction vers Gondrecourt. A partir du 5 juin, le 289ème R.I. à la garde du terrain conquis entre le Casque et Mont Haut (Champagne, région de Moronvilliers avec le Cornillet, Mont blond, Mont haut, constituant le site de la bataille des monts de Champagne), étendu à droite, le 14 juin, jusqu’au Téton et subit attaques et contre-attaques fréquentes, vers le Téton.    

 

Il est retiré du front le 5 juillet.

 


 

À partir du 4 août, il occupe un secteur entre la Miette et le Ployon (Bois Marteau, Bois de la Mine), sur le front du Chemin des dames, au nord de Pontavert (jusqu’au 25), puis du 12 septembre au 4 octobre.

 

Le 29 octobre, il est chargé de la défense d’un secteur vers Chevreux et le plateau des Casemates, porté, à la suite de l'avance du 2 novembre, entre le nord-est de Chevreux et la ferme de Vauclerc.  

Louis François est Intoxiqué par le gaz le 14 décembre 1917 à «Les Carrières», près de Craonne.

 

<<<<<.  A partir du 6 janvier 1918, le 289ème RI occupe de nouveau le

secteur entre la Miette et le Ployon.              

 


 

Le 23 mars, il est transporté par camions dans la région de Chauny, positionné à Marest-Dampcourt / Abbécourt. Sous la pression des troupes allemandes, le régiment doit se retirer et passe l’Oise à Quierzy et à Varesnes puis engagée dans la 1ère Bataille de Noyon. Il est chargé de la résistance à la poussée allemande et participe à l’organisation du front sur la rive gauche, vers Brétigny et Varesnes. Sur ce front, il y a quelques escarmouches, la crue de l’Oise jusqu’au 15 avril empêche toute attaque, seuls des bombardements plus ou moins violentes. Il repousse quelques tentatives de traversées de patrouilles ennemies, jusqu’au 29 mai.

 

Le 30 à 12h, les troupes sont soumis a un très violent feu d’artillerie, puis les allemands franchissent l’Oise à Quierzy et Brétigny.

 

A 20h le régiment doit s’installer sur une ligne Les loges-sud de Nampcel. Puis le régiment continue à reculer. Le 1er juin le régiment est soumis à un bombardement très violent. Les ennemis s’infiltrent partout, et les bombardements intenses se poursuivent. Le 2 juin, il reçoit l’ordre de tenir à tout prix sur la ligne Ferme Puiseux (nord de Moulin-sous-Touvent)-Autrêches. Louis François en paiera le prix fort. 

  


 

Une ligne dans le Journal de marche et des opérations di 289ème R.I. en date du 2 juin, seule trace de la mort de Louis François HUILLET.

 

 

Louis François, dit Gérard, HUILLET est tué à l’ennemi sur le territoire la commune de Moulin sous Touvent (Oise), le 2 juin 1918, le lendemain de son anniversaire, il a 28 ans. Près de 4 ans après la mort au combat de son frère aîné Justin. Aucune sépulture n’est connue

 

Son décès est porté dans le registre d’état-civil de la commune de Trèbes à la date du 9 décembre 1918.

 

 

Son nom est gravé sur le Monument aux morts de Trèbes avec un prénom Gérard, erroné (ou prénom d’usage) .